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Vivre et grandir en maternelle

Depuis 3 ans, en MS-GS, je travaille (en collaboration avec l’ASEM Emmanuelle DE BRITO) avec une pédagogie inspirée de celle de Céline Alvarez et des recherches de Catherine Gueguen. Cette méthode se base sur les travaux de Montessori, Freinet et sur des découvertes récentes en neurosciences ainsi que sur une communication non-violente où la bienveillance est primordiale. Le lien avec les parents est renforcé pour accompagner au mieux les enfants et s’adapter à leurs différences. Cette méthode rejoint le projet éducatif de notre école lasallienne : apprendre par l’activité autonome dans un environnement riche, sécurisant et bienveillant.

Les ateliers-jeux mis en place permettent à l’enfant d’avancer à son rythme et d’être toujours en situation d’apprentissage quel que soit son niveau et ses centres d’intérêt. Les manipulations ou jeux sont multiples (transvasements, découverte des sons, des lettres, des nombres…). Ils peuvent être imposés par l’enseignant ou librement choisis par l’enfant. Les élèves travaillent seul ou à plusieurs. Ils peuvent faire à volonté tous les ateliers-jeux présentés. La répétition est importante pour assimiler et mémoriser car le cerveau mémorise ce qu’il fait régulièrement.

Les ateliers de vie pratique et les jeux pédagogiques proposés vont permettre de :

  • Développer la mémoire de travail (mémoriser et organiser des informations)
  • Gérer ses émotions, ses impulsions, ses gestes, se concentrer
  • Créer et ajuster ses stratégies pour corriger ses erreurs.

Ces 3 points seraient plus importants pour réussir dans les apprentissages qu’un QI élevé.

Le principe du tutorat est utilisé régulièrement. Il est au départ proposé par l’enseignant puis les enfants s’entraident spontanément. Cela permet à l’enfant de développer son langage et d’approfondir la notion travaillée quand il explique un atelier-jeu. Les élèves apprennent ainsi à « aider sans faire à la place ». L’enfant aidé découvre un nouvel atelier-jeu ou progresse dans la compréhension d’une notion ou d’une activité.

Bien sûr, les encouragements et la bienveillance nécessaires pour un bon développement du cerveau et pour mettre en place les apprentissages sont réguliers. Nos habitudes, nos attitudes et les propres expériences de l’enfant structurent le cerveau des enfants : « Tu peux le faire, tu vas le faire, même si cela prend du temps, je sais que tu vas y arriver. » Ainsi, le climat de la classe est serein, les enfants sont heureux de venir à l’école pour découvrir chaque jour de nouvelles connaissances, pour apprendre à devenir des « grands », pour échanger avec les adultes et avec leurs camarades.

Les enfants sont toujours en activité, la classe est une véritable fourmilière où chacun sait ce qu’il a à faire ou ce qu’il peut faire. De nombreux jeux sont sortis en même temps. Parfois, ils choisissent d’observer un camarade travailler, et je les laisse faire car ces temps d’observation sont importants. Quand la maîtresse sonne la cloche, chacun range son matériel et, en quelques minutes, la classe est impeccable. Cette étape du rangement est essentielle également et contribue au développement de l’autonomie et à la structuration du cerveau pour devenir un écolier avec de bonnes méthodes d’apprentissage.

Ils deviennent ainsi très autonomes dans la classe mais également à la maison (d’après un petit questionnaire complété par les parents). Certains parents ont même mentionné que leur enfant passait moins de temps devant les écrans et était demandeur d’autres activités à la maison. « Entre 3 et 5 ans, l’enfant veut faire lui-même. Montrons-lui et laissons-le faire. » Il gagne ainsi en autonomie et en estime de soi.

Je me réjouis chaque jour de vivre ma classe avec ce fonctionnement car les enfants sont acteurs de leurs apprentissages et s’épanouissent. Cela permet d’accompagner ceux qui ont besoin d’un peu plus d’aide et également d’aller plus loin avec ceux qui le peuvent.

Estelle Morineau